Définition : une enveloppe de boulgour et de viande, une farce
Le kibbeh repose sur une idée simple et ingénieuse : deux préparations de viande qui se répondent. D'un côté, l'enveloppe, une pâte faite de boulgour fin trempé puis pétri longuement avec de la viande hachée très finement, de l'oignon et des épices. Le boulgour, en gonflant, lie l'ensemble et donne à la pâte une texture souple, presque modelable, qui tient en forme. De l'autre côté, la farce, appelée hachweh en arabe : une viande hachée plus grossièrement, revenue avec de l'oignon, des épices douces et des pignons.
Le contraste fait tout le charme du plat. Une fois cuite, la coque devient ferme et croustillante, tandis que la farce reste juteuse et parfumée. C'est cette double texture, ferme puis fondante, qui distingue le kibbeh d'une simple boulette : on ne croque pas dans une masse homogène, on traverse une enveloppe pour atteindre un cœur.
D'où vient le nom : kibbé, kebbeh, kubba
En arabe, le plat s'écrit كبة. Le mot est souvent rattaché à l'idée de former une boule, de rassembler une matière entre les mains, ce qui colle parfaitement au geste du façonnage. En dialecte libanais, on le prononce à peu près « kebbé », avec un « é » final appuyé. C'est pourquoi on croise en français une foule de graphies : kibbeh, kibbé, kebbé, kebbeh, kibbi.
Plus à l'est, notamment en Irak, on parle plutôt de kubba ; en Turquie, une préparation cousine s'appelle içli köfte, littéralement « boulette farcie ». Toutes ces orthographes désignent la même famille de plats à base de céréale et de viande. Sur une carte de restaurant libanais, kibbeh et kebbé renvoient au même plat : ne vous laissez pas dérouter par l'orthographe.